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Du projet européen à l’Europe actuelle. Quelle place pour les alternatives ?

Alcyons

Pour l’ouverture 2015-2016 de l’Université populaire du 18e, INTERDEMOS et Tenons et Mortaises vous invitent à un débat sur Crise et résistance du peuple grec dans l’Europe d’aujourd’hui avec Maria Kakogianni, Camille Louis et Laure Vermeersch autour de la projection du film Amcyons de Laure Vermeersch.

Aux Ateliers Francoeur, 26 rue Francoeur 75018 Paris, Métro Lamarck ou Jules Joffrin (ligne 12) le Vendredi 11 Décembre à 20h15 (entrée libre et gratuite).

Cliquez sur l’image pour le programme détaillé.

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INTERDEMOS est maintenant une association loi de 1901

La création de l’association INTERDEMOS a été publiée au JO Associations le 14 septembre 2015. Ce statut et l’organisation que nous mettons en place à cette occasion vont nous permettre de donner un nouvel élan à nos contributions aux objectifs suivants :

  • la solidarité concrète avec les actions et structures de solidarité sociale et développement humain de terrain dans les divers pays européens avec lesquels nous seront capables de construire des partenariats,
  • l’action politique pour la création d’alternatives progressistes dans divers pays d’Europe,
  • la création progressive d’un demos européen.

Dans le mois qui vient nous allons mettre en place un ensemble de dispositifs pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de devenir membres de l’association, pour lancer une ou plusieurs nouvelles campagnes de solidarité, pour rendre visible notre ambition en la résumant dans divers textes et pour donner un accès plus simple et complet au débat public sur le devenir de l’Europe.

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Manifestation “Pas en notre nom”

(petit reportage subjectif, cliquer sur les images pour une version en haute résolution)

photo de la manifestation

Plusieurs milliers de personnes viennent de manifester place de la République à Paris en répondant à un appel lancé sous le nom “Pas en notre nom-RéfugiésMigrantsDIgnité”. Un nombre qui n’est sans doute pas à la hauteur de ce qui est en train de jouer, mais néanmoins une manifestation réjouissante.
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Débat entre Manuel Castells et Pablo Iglesias

Nous relayons ici la vidéo (en espagnol) d’un débat entre Manuel Castells (sociologue des mouvements sociaux alternatifs et de leur usage du numérique) et Pablo Iglesias (secrétaire général de Podemos) à l’occasion de la publication d’une nouvelle édition du livre Redes de indignación y esperanza de Manuel Castells. Débat organisé par le Circulo Bella Artes de Madrid.

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Où en est Interdemos ?

Interdemos a pour but d’œuvrer à la création d’un demos européen, de liens horizontaux entre les initiatives de réinvention du politique dans les divers pays européens. Pour cela, nous travaillons sur deux fronts : la solidarité concrète avec les actions de solidarité de terrain en Grèce (pour l’instant, nous nous concentrons sur ce pays dont le devenir est clé) et une contribution à l’émergence d’alternatives politiques progressistes en France et dans les autres pays européens. Aucun de ces deux fronts n’est calme en cet été.

Sur le versant de la solidarité concrète, nous avons transmis depuis le 7 avril 2015 un peu moins de 90 000 € à Solidarité pour Tous en Grèce grâce à vos dons et à la mobilisation de nos propres ressources. Pour faire face à la fermeture des banques 1)La réouverture partielle ne permet toujours pas de retirer des fonds des comptes bancaires au-delà de 420 € par semaine. Les paiements électroniques à l’intérieur de la Grèce sont possibles, mais la grande majorité des structures de solidarité ne peuvent les recevoir., nous avons acheminé récemment une somme en espèces qui permettra à Solidarité pour Tous de fonctionner pour l’été. Nous sommes par ailleurs bien avancés dans la mise en place d’une association loi de 1901 avec un bureau élargi par rapport aux fondateurs initiaux. Cette association devrait être en situation de lancer une nouvelle collecte de dons fin septembre 2015 pour prendre la suite des soutiens déjà effectués. Les fonds collectés seront acheminés par les moyens disponibles à ce moment.

L’action politique est inséparable de ces actions de solidarité concrète. Solidarité pour Tous et nos autres contacts en Grèce ont été des acteurs significatifs de la campagne pour l’OXI au référendum du 5 juillet. Ils sont aujourd’hui au cœur des efforts pour que le mouvement démocratique puisse surmonter la profonde blessure qu’a représentée la signature de l’accord du 13 juillet (voir le billet La blessure démocratique publié en même temps que ce bilan). Le rôle particulier joué par la France dans l’acceptation de cet accord par le gouvernement Tsipras et même l’écriture de ses termes les plus contestables nous a poussé à mener campagne pour le rejet de l’accord par le parlement français, en particulier à l’Assemblée nationale. Si le résultat reste décevant (69 contre, dont zéro socialistes), nous avons cependant évité le pire qui aurait été que les contre n’émanent que de l’extrême droite et de la droite. Nous espérons que la création d’une association dont chacun de vous pourra devenir membre fera progressivement monter en puissance ce volet politique. Le territoire européen connaît une crise démocratique qui s’est révélée dans toute son intensité. En rester spectateurs passifs serait désastreux. Interdemos continuera à travailler et agir à son échelle avec tous ceux qui veulent reprendre en mains le destin politique en Europe.

Notes   [ + ]

1. La réouverture partielle ne permet toujours pas de retirer des fonds des comptes bancaires au-delà de 420 € par semaine. Les paiements électroniques à l’intérieur de la Grèce sont possibles, mais la grande majorité des structures de solidarité ne peuvent les recevoir.

La blessure démocratique

Texte personnel au retour d’un bref voyage en Grèce


D’innombrables articles et billets de blogs ont analysé l’accord du 13 juillet 2015, les raisons pour lesquelles le Non du 5 juillet a abouti une semaine plus tard à l’acceptation de mesures pires que celles que plus de 60% des votants grecs avaient rejetées, les conséquences de ces mesures, la violence des institutions et des États, la rupture historique du devenir européen qui vient de se produire. Pour la plupart, ces textes se posent la question de pourquoi le gouvernement grec s’est enfermé dans une négociation avec des acteurs clairement décidés à le mettre au pas à tout prix sans élaborer et mettre en avant aucune solution de rechange à l’acceptation du pire. La révélation par Yanis Varoufakis des propositions qu’il avait faites en la matière et les propositions d’Eric Toussaint (texte révisé pour publication sur le site du CADTM) montrent qu’il existait plusieurs approches possibles qui ne relevaient pas d’un “Grexit” (de l’euro).

La mise en œuvre de ces propositions aurait bien sûr suscité des réactions encore plus agressives des institutions et États européens, mais leurs effets auraient eu une différence fondamentale avec l’application des mesures du 13 juillet : elles auraient évité l’immense blessure démocratique que subit le peuple grec. Elles sont en réalité encore d’actualité tant l’application des mesures de l’accord ne peut qu’empirer la situation concrète dans laquelle vit l’immense majorité des grecs. Éric Toussaint a publié le 16 juillet une version plus détaillée de mesures prenant en compte l’acceptation par le parlement grec de l’accord du 13 juillet. Il souligne cependant que ce n’est pas le gouvernement grec actuel qui est susceptible d’appliquer ces mesures.
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Appel au parlement français à rejeter l’accord du 12 juillet

Le 12 juillet 2015, après que les institutions politiques et financières européennes ont organisé l’asphyxie financière totale de la Grèce pendant des mois pour la priver de toute marge de liberté, elles ont, avec l’entremise de la France, forcé le gouvernement grec à accepter une mise en tutelle qui constitue un véritable coup d’État contre les peuples européens dans leur ensemble. Loin de sauver la Grèce, la mise en œuvre de cet accord ne peut que la plonger plus encore dans l’abîme. Il vise à punir le peuple grec et avertir tous les autres de ce qu’aucune politique alternative progressiste ne sera tolérée, que l’esclavage de la dette sera éternel, que rien ne sera épargné pour sauver les banques et les oligarchies des dangers que leur feraient courir la démocratie.

Au nom de la solidarité entre les peuples européens qui est son objet, INTERDEMOS appelle le parlement français auquel l’accord sera soumis demain à le rejeter. Nous appelons toutes les organisations qui se sont mobilisées en faveur de la liberté de choix du peuple grec à relayer cet appel auprès des députés.

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Le sens de l’appel au rejet par le parlement français de l'”accord” du 12 juillet

Voici quelques explications sur le sens de cet appel tel qu’il s’est construit dans les discussions internes à notre petit collectif. Tout d’abord, il s’agit d’un acte de politique française et européenne et non de politique grecque. Les membres de Syriza et chacun en Grèce sont occupés à débattre de leur propre position et quelle qu’elle soit, nous mesurons la situation intolérable dans laquelle le gouvernement a dû prendre sa décision de l’accepter. Mais justement parce que nous sommes nous en situation d’émettre un avis sur l’accord avec nos banques toujours ouvertes, sans faire l’objet encore des menaces, pressions et chantages dont le peuple grec a été victime, nous avons le devoir de formuler notre avis en toute liberté.

Ce devoir est renforcé par la considération de ce qui passerait si nous restons passifs. On verrait le président français et son premier ministre parader en se posant en sauveurs de la Grèce et de l’Europe alors qu’ils ont donné leur bénédiction à un texte qui leur porte des coups que même les éditorialistes de Der Spiegel ou des Échos jugent fatals, et que tous les commentateurs engagés, d’Attac au CADTM ou à Paul Krugman jugent sans précédent dans leur violence et leur nuisance. On risquerait de ne voir l’opposition critique à l’accord n’être portée au parlement que par le FN ou des souverainistes conservateurs.

Alors réveillons les consciences encore accessibles à la raison chez les parlementaires de gauche ou ceux pour qui la République n’est pas un slogan d’exclusion. Qu’elles osent exprimer, même si elle doit être très minoritaire les bases de l’Europe qu’il nous faudra reconstruire, celles des peuples et de leur solidarité.

Philippe Aigrain

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Après le référendum grec : saisir l’occasion

Nous traduisons ici un texte publié lundi matin par le collectif italien Euronomade dont la devise est “Inventer le commun, subvertir le présent”. Licence CC-By-NC-SA. L’analyse stratégique de la situation que propose ce texte nous paraît très utile.


Que ce serait une victoire renversante, nous l’avions déjà compris à l’heure du déjeuner quand un Martin Schulz désespéré, un siècle après la trahison de la social-démocratie allemande votant les crédits de guerre, est intervenu alors que le scrutin était ouvert, au mépris de toute “règle”, que pourtant en bon allemand il aurait dû honorer (la démission du président du Parlement européen devrait aller de soi, mais elle est improbable si l’on considère la stature éthique du personnage).

Déjà à ce moment, des quartiers populaires d’Athènes et Thessalonique, du port du Pirée, des campagnes et des îles, le vote grec, avec la violence objective de sa marque de classe 1)NdT : Ce point prête à discussion. 85% des 15-24 ans et 75% des 25-34 ans ont voté NON et le OUI ne triomphe que chez les plus de 65 ans. Si l’on veut parler de vote de classe en Grèce, il faut le faire avec une conception très révisée de ce qu’est une classe par rapport à l’acception classique marxiste du terme., renversait le château de cartes construit par une machine de propagande comme on en avait jamais vue dans l’histoire européenne. Cela restera une honte ineffaçable pour la social-démocratie européenne, pour des hommes mesquins comme Hollande et Schulz, d’avoir avalé cette douloureuse machination. Nous en savons pas comment définir Renzi : il a offert un spectacle misérable, s’agenouillant devant Angela Merkel dans l’espoir piteux de pouvoir récolter, dans quelques mois quelques “concessions” finalement peu différentes de celles qu’ont réclamées ces derniers mois Tsipras et le “satanique” Varoufakis.

Avec une clarté absolue, les premiers mots d’Alexis Tsipras vont à l’essentiel: la question de la dette du passé sera à partir de ce jour sous les yeux de tous, soustraites au seul bon vouloir du commando financier. C’est de façon limpide une question de réappropriation de la décision démocratique. Plus encore : il n’y a de démocratie aujourd’hui qu’à partir de la capacité à intervenir avec force, en termes de rupture, sur le terrain de la dette. C’est la possibilité que le référendum grec nous présente : la reconquête de notre futur, la libération de la vie et de la coopération sociale de l’hypothèque de la dette, la lutte contre un destin de pauvreté, de précarité et de sacrifices. La formidable ténacité de la lutte contre l’austérité ces dernières années en Grèce est un refus qui s’exprime directement en termes de gouvernement : si l’on rompt avec la gestion européenne continue de la crise, une multiplication de luttes sociales à l’échelle européenne devient possible et un horizon constituant s’ouvre qui ne peut plus être confiné à l’échelle nationale.
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Notes   [ + ]

1. NdT : Ce point prête à discussion. 85% des 15-24 ans et 75% des 25-34 ans ont voté NON et le OUI ne triomphe que chez les plus de 65 ans. Si l’on veut parler de vote de classe en Grèce, il faut le faire avec une conception très révisée de ce qu’est une classe par rapport à l’acception classique marxiste du terme.
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Les leçons du référendum grec pour les peuples et les dirigeants de l’Europe

Pendant 9 jours, on n’a reculé devant rien pour alimenter les peurs et des doutes chez les électeurs grecs et pour biaiser la représentation que les citoyens d’autres pays européens avaient de la situation. Jour après jour, des médias de grande audience ont prétendu, contre toute évidence, que l’objet du référendum était le maintien ou non de la Grèce dans l’euro. La décision de la Banque Centrale Européenne de refuser d’augmenter son soutien aux banques grecques pendant la brève période de campagne pour le référendum relève de la punition politique. Elle contraste de façon saisissante avec le soutien illimité accordé aux banques allemandes et françaises pour limiter leur exposition à la crise depuis 2009. Cela n’empêcha pas certains politiciens grecs hostiles à Syriza de faire porter au gouvernement plutôt qu’à la BCE la responsabilité des difficultés rencontrées dans cette période, par exemple pour le règlement des fournisseurs de service d’actions sociales.

Mensonge après mensonge, menace après menace, les « élites » européennes se sont auto-intoxiquées au point de croire en la victoire du OUI. La brutalité incroyable des premières déclarations de Sigmar Gabriel et Martin Schulz illustre leur surprise et leur frustration. Les leaders européens ont la gueule de bois. Ils doivent retrouver leurs esprits très rapidement, et ceux qui comme nous s’efforcent de faire mûrir les embryons d’une nouvelle citoyenneté européenne doivent les y aider de toute leur énergie.

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La version anglaise de ce texte de Philippe Aigrain est parue dans la revue Eutopia – Ideas for Europe (licence CC-by-NC-4.0)