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Vidéos de campagne pour De peuple à peuple

Deux médiactivistes, Stéphane Gérard et Antonin Sopéna, contribuent généreusement trois vidéos de campagne pour De peuple à peuple / Solidarité politique avec la Grèce. Chacune aborde un thème particulier de la solidarité sociale, des effets destructeurs des politiques troikesques, mais surtout des initiatives sociétales pour remédier à cette situation, initiatives que les fonds recueillis par notre campagne vont soutenir. Ces vidéos, consacrées respectivement à la santé, à la lutte contre la pauvreté et à l’économie et l’emploi se trouvent ci-dessous. Vous pouvez également l’encapsuler dans une page Web sur votre blog ou site (cliquer sur le petit avion en papier pour obtenir le code à insérer).

Pour diffuser un lien vers la vidéo :

https://vimeo.com/122844572

Pour diffuser un lien vers la vidéo :

https://vimeo.com/123480987

Pour diffuser un lien vers la vidéo :

https://vimeo.com/123480988
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La solidarité active avec la Grèce condition de la démocratie en Europe

Ceci est la traduction française d’un article de Philippe Aigrain paru le vendredi 13 mars dans le journal Eutopia: Ideas for Europe.


Dans un article précédent (dont la version française a été publiée sur Internet Actu) j’ai posé la question de si les actions décentralisées des citoyens pouvaient régénérer la démocratie. L’article insistait sur la profondeur de la crise démocratique en Europe.

Certains analystes la voient comme conduisant à l’installation de régimes post-démocratiques où les rituels démocratiques sont conservés, mais plus la substance démocratique. D’autres la décrivent comme conduisant à de nouvelles formes de régimes oligarchiques. L’article décrivait ensuite les nombreuses initiatives sociétales qui essayent de construire des alternatives dans divers domaines : de la solidarité sociale aux logiciels libres et à la culture partagée, des nouveaux modèles de production et de consommation aux questions environnementales. Enfin, il notait la difficulté de ces mouvements à développer des plateformes politiques plus larges et à conquérir le pouvoir nécessaire à leur mise en œuvre.

Mais qu’en est-il lorsque la profondeur de la crise, l’obstination des gouvernements et institutions à imposer des politiques destructrices du tissu social conduisent à une situation où de nouveaux mouvements obtiennent la confiance des citoyens et conquièrent le pouvoir par les élections ?
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De peuple à peuple présenté à La grande table de France-Culture

Philippe Aigrain, l’un des initiateurs de la campagne De peuple à peuple était hier 10 mars invité de La grande table de France Culture, pour une discussion approfondie sur le caractère de bien commun d’internet. En conclusion de cette émission, il a pu présenter brièvement De peuple à peuple. Vous pouvez écouter cet extrait ci-dessous, et l’ensemble de l’émission sur le site de France Culture.

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L’urgence sociale au cœur du programme agricole de Syriza par Roxanne Mitralias

Roxanne Mitralias (Syriza France) nous a confié ce texte que nous publions avec l’autorisation de Campagnes solidaires, journal de la Confédération paysanne dans lequel il a paru à l’origine. Ce texte illustre les défis auxquels les politiques publiques font face pour reconstruire le pays.


On a peu parlé du programme agricole après la victoire de Syriza aux élections législatives du 25 janvier en Grèce. Ce programme répond avant tout, comme les autres volets des propositions de ce parti, à l’urgence sociale d’un pays dévasté par le politiques austéritaires.

Le 25 janvier, Syriza est arrivé en tête aux élections législatives grecques. Ce parti de la gauche radicale s’est vu propulsé à la première place suite à cinq ans de politiques d’austérité qui ont affecté aussi bien les salariés, les petits commerçants et artisans que les paysans.
Le programme agricole de Syriza est rarement évoqué. Pourtant, les paysans sont nombreux en Grèce : 12,5% de la population active, sans compter les innombrables pluriactifs. Les fermes sont majoritairement familiales et petites (4,5 ha en moyenne). Peu « compétitive » dans le marché unique européen, desservie par les orientations libérales de la Pac, la production agricole du pays s’est progressivement effondrée. Sa posture délicate s’est trouvée d’autant plus fragilisée par les politiques austéritaires de la Troïka.

Le « crédit agricole grec » a été cédé à des banques privées, diminuant drastiquement la possibilité des paysans d’emprunter, mettant en danger les très nombreuses hypothèques vendues à des fonds d’investissements internationaux. Du côté de l’agroalimentaire, la coopérative Dodoni qui collectait près de 7000 éleveurs et employait 500 salariés dans la région montagneuse de l’Epire – et qui réalisait des bénéfices – a été vendue pour rien. Pareil pour l’industrie sucrière nationale.

Par ailleurs, le gouvernement précédent avait opté pour une très forte taxation du carburant, générant une augmentation de 25% des coûts de production. Les paysans grecs sont aussi devenus imposables (13%) dès le premier euro et ont dû payer des impôts fonciers exorbitants sur leurs champs et étables, sachant que les terres sont peu productives et ne valent pas grand-chose. Les prix des intrants, fixés par des oligopoles et les multinationales, ont également continué à grimper.

Ajoutons que l’Etat a été déstructuré et dilapidé : les indemnisations n’ont pas été versées depuis 2012, les aides Pac ont été diminuées et les crises sanitaires n’ont pas été gérées, ce qui a décimé le cheptel. Le peu de structures de conseil et de recherche qui existait sur le pays a été délabré. Les retraites et la sécurité sociale ont été baissées jusqu’à 40%. Conséquence directe : le revenu des agriculteurs a chuté de 20 %.

Le programme de Syriza répond donc d’abord à une urgence sociale 1)   Par exemple en proposant des critères sociaux sur les dettes, l’interdiction de vendre aux enchères les habitations principales, le retour aux retraites d’avant la période de la Troïka et l’accès aux soins pour tous, une réforme fiscale…. Mais cette urgence est reliée à une volonté de reconstruire la capacité productive du pays, en fonction des besoins de la société et dans une optique de souveraineté alimentaire. La volonté d’aller vers une agriculture, un élevage et une pêche durables, des produits de qualité, sains et à prix accessibles, est affirmée. Cette reconstruction se fera dans le sens du soutien de l’emploi et du revenu agricole, de l’équilibre de la balance commerciale agroalimentaire, du développement rural et d’un aménagement du territoire harmonieux 2)   Dans un pays où actuellement la moitié de la population vit dans les deux grandes villes, Athènes et Thessalonique.. Pour se faire, d’un côté il est prévu de créer une banque publique de développement dédiée à l’agriculture, d’assainir les coopératives agricoles (qui ont été un des leviers majeurs de la corruption dans les territoires ruraux), de promouvoir les productions de qualité et bio, de soutenir les circuits courts. Et de l’autre, de durcir les contrôles contre les pratiques commerciales illégales (comme le fait de « gréciser » des légumes ou des céréales) et les fraudes aux aides de la Pac. Est aussi préconisé d’attribuer les terres non exploitées ou les outils de transformation délaissés aux chômeurs ou à des collectifs qui souhaiteraient se lancer dans l’agriculture.

En ce qui concerne les migrants saisonniers – et plus largement les ouvriers agricoles – leurs droits seront sécurisés. Enfin, au niveau européen, Syriza s’engage à demander l’augmentation du budget agricole (qui a baissé de près de 20 % pour la Grèce), le recouplage des aides, le soutien aux petites et moyennes fermes, et la redistribution des ressources en faveur des produits méditerranéens (et non pour faire du coton irrigué dans le pays, ce qu’a promu la Pac pendant longtemps).
Ce programme électoral sera-t-il suivi ? Cela dépendra des marges budgétaires que le nouveau gouvernement pourra dégager auprès de ses créanciers. En tout cas, ce sera une expérience intéressante de réorientation globale de la politique agricole d’un pays au cœur de l’Europe, en faveur de sa petite et moyenne agriculture familiale, et contre les intérêts des banques et des oligopoles.

Roxanne Mitralias

Notes   [ + ]

1.    Par exemple en proposant des critères sociaux sur les dettes, l’interdiction de vendre aux enchères les habitations principales, le retour aux retraites d’avant la période de la Troïka et l’accès aux soins pour tous, une réforme fiscale…
2.    Dans un pays où actuellement la moitié de la population vit dans les deux grandes villes, Athènes et Thessalonique.