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Les leçons du référendum grec pour les peuples et les dirigeants de l’Europe

Pendant 9 jours, on n’a reculé devant rien pour alimenter les peurs et des doutes chez les électeurs grecs et pour biaiser la représentation que les citoyens d’autres pays européens avaient de la situation. Jour après jour, des médias de grande audience ont prétendu, contre toute évidence, que l’objet du référendum était le maintien ou non de la Grèce dans l’euro. La décision de la Banque Centrale Européenne de refuser d’augmenter son soutien aux banques grecques pendant la brève période de campagne pour le référendum relève de la punition politique. Elle contraste de façon saisissante avec le soutien illimité accordé aux banques allemandes et françaises pour limiter leur exposition à la crise depuis 2009. Cela n’empêcha pas certains politiciens grecs hostiles à Syriza de faire porter au gouvernement plutôt qu’à la BCE la responsabilité des difficultés rencontrées dans cette période, par exemple pour le règlement des fournisseurs de service d’actions sociales.

Mensonge après mensonge, menace après menace, les « élites » européennes se sont auto-intoxiquées au point de croire en la victoire du OUI. La brutalité incroyable des premières déclarations de Sigmar Gabriel et Martin Schulz illustre leur surprise et leur frustration. Les leaders européens ont la gueule de bois. Ils doivent retrouver leurs esprits très rapidement, et ceux qui comme nous s’efforcent de faire mûrir les embryons d’une nouvelle citoyenneté européenne doivent les y aider de toute leur énergie.

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La version anglaise de ce texte de Philippe Aigrain est parue dans la revue Eutopia – Ideas for Europe (licence CC-by-NC-4.0)

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