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Solidarités et nouveaux modèles en Grèce (3) Rencontre avec Solidarité pour Tous

Avec Marie Cosnay et une amie qui l’accompagnait, nous avons rencontré le 24 avril 2015 l’équipe de Solidarité pour Tous dans ses locaux de la rue Akadimias à Athènes. Nos échanges ont eu lieu avec deux des principaux animateurs de Solidarité pour Tous : Christos Giovanopoulos et Myrto Bolota. Avant tout, il s’agissait d’associer enfin des visages et des présences physiques aux personnes avec qui nous avions échangé auparavant uniquement par email et téléphone, sauf pour Laure Vermeersch qui n’était pas de ce voyage. Mais aussi de tenir au courant Solidarité pour Tous de l’avancement de la campagne de dons par virements, de confirmer comment ils nous rendraient compte de la réception et de l’usage des fonds et d’échanger sur les orientations de cet usage.

C’est toujours une expérience intense de rencontrer des personnes dont on est à la fois si proches et cependant séparés par des différences de culture et d’histoire. Proches parce que nous sommes tous impliqués dans des actions de terrain dans nos propres sociétés, certaines locales et d’autres thématiques à grande échelle. Parce que nous avons la même ambition que ces actions soient un terreau pour le renouvellement du politique, le même souci de maintenir leur indépendance à l’égard des partis et des gouvernements. Le même sentiment que nous traversons un moment historique où s’ouvrent de nouveaux possibles mais où ceux-ci sont fragiles, menacés. Proximité aussi parce que, comme tous nos interlocuteurs grecs ils nous manifestent leur émotion profonde et l’énergie que leur a communiqué la générosité des donateurs et l’ambition de la campagne.

Mais le risque existe cependant de quiproquos, d’incompréhensions. Les acteurs du renouveau sociétal et politique grec ont rencontré trop d’acteurs qui veulent simplement accrocher leurs wagons à un espoir qui fait pour l’instant défaut dans leur propre environnement. Dans le regard rétrospectif que les jeunes activistés grecs d’aujourd’hui jettent sur les rapports culturels entre Grèce et France, les intellectuels français sont souvent apparus comme des théoriciens donneurs de leçons, et ce n’est pas de cela qu’ils ont besoin aujourd’hui, mais plutôt de compagnons et de soutiens dans ce qui est une grande expérimentation à ciel ouvert, s’adaptant sans arrêt aux défis et possibilités du moment.

Nous confirmons rapidement ce qui a déjà été décidé : que le Fonds de soutien aux actions et structures de solidarité nous rendra compte mois par mois des dons reçus et étiquetés Interdemos, de façon à ce que nous puissions les croiser avec les messages reçus nous notifiant les dons et être sûrs que tout est bien arrivé à destination. Tout ça bien sûr en supposant que les donateurs n’oublient pas de préciser Interdemos dans la communication du virement et de nous notifier à l’adresse de contact. Et puis que notre but est d’aider les actions, pas de leur donner des directions. Ils nous expliquent ce que nous avions déjà compris être au cœur de leur démarche : non seulement les structures de terrain elles-mêmes sont indépendantes et autogérées, mais Solidarité pour tous aussi fonctionne largement sur ce mode.

Nous leur expliquons que c’est à cela que nous voulons que la campagne De peuple à peuple serve : à aider les structures qu’ils aident déjà à faire plus, d’autres à exister, de nouveaux thèmes d’action à se développer, que nous nous préoccupons aussi du devenir de ces actions sociétales au-delà de la seule urgence sociale, aussi vive soit elle. Sur ces derniers points : aborder de nouveaux thèmes (les communs, la capacité d’agir économiquement ou hors marché) et rendre les structures soutenables et utiles au développement de chacun au-delà de la seule fourniture d’une aide immédiate, ils nous expliquent qu’ils sont déjà engagés dans des domaines beaucoup plus diversifiés que les seules actions pour la santé, l’alimentation, le logement, le surendettement et la solidarité avec les migrants qui sont les plus visibles dans les brochures et les articles qui leur ont été consacrés. Nous le vérifierons en pratique avec les structures avec lesquelles ils nous mettent en contact avec efficacité et rapididité (voir nos premiers billets sur ces structures ici et ).

Nous n’avons pas eu le temps de développer suffisamment le sens politique d’une campagne comme la nôtre, la portée que nous voulons lui donner comme interpellation radicale des politiques européennes, d’expliquer notre espoir que les donateurs à De peuple à peuple deviennent dans leurs propres champs d’actions des gardiens de l’ouverture des possibles politiques en France et en Europe. Ce sera pour les prochains échanges.

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